SEL - Juin 2006 - N° 84
Un petit parc de rêve est là, à portée de main, en pleine ville ; il est temps de le réaliser, dans
l’intérêt de la collectivité. La Ville de Lyon doit absolument inscrire ce projet dans ses prochaines priorités, et s’y préparer avec un esprit d’anticipation.
On rêverait volontiers d’un petit parc urbain au coeur de la cité, de ce genre d’espace que l’on perçoit comme une vraie respiration dans la trame bâtie, où il est possible de se réfugier, à l’écart de l’ambiance trépidante des axes de circulation, et dont on sent profondément les bénéfices pour le bon équilibre des habitants.
On rêverait volontiers aussi de surprise et de pittoresque en pleine ville, de quelque chose qui transporte dans l’imaginaire, comme dans un conte un peu féérique, comme par exemple, une maison forte, avec des tours et une grosse porte, derrière un bouquet d’arbres, sur une petite butte…
On rêverait volontiers de quelque chose qui nous tend les bras et que, pourtant, on ne regarde pas vraiment, voire que l’on délaisse honteusement…
Comme si la chance était trop simple pour être embrassée généreusement.
On rêverait volontiers de ce que peut nous offrir l’ensemble de l’ancien Fort Lamothe, de ses espaces arborés et de son petit château qui a survécu jusqu’à nos jours, en plein coeur des quartiers de la Rive Gauche, entre Guillotière et Monplaisir.
Depuis de nombreuses années SEL a poussé l’idée de saisir cette occasion de rêve, et a proposé des pistes d’aménagement pour en faire un projet pertinent, en particulier dans la façon d’y réaliser un lieu de vrai tranquillité, mais aussi dans la façon de le relier en profondeur aux quartiers qui l’entourent.
D’autres associations, plus locales, se sont également intéressées à cette cause ces dernières années.
Et pourtant, le temps passant, on peut constater et ressentir une sorte d’abandon scandaleux de ce patrimoine nettement sous utilisé, là ou une valorisation spectaculaire apparaît à portée de main.
Alors quelle ficelle n’a-t-on pas su tirer pour débloquer cette situation désolante ?
Qui se permet de favoriser l’anti-jeu depuis si longtemps ?
Comment est-il encore possible de ne pas réagir face à ce gaspillage de potentiel urbain ?
Sans doute certains sont-ils capables d’aligner les excuses et les explications. Mais à force de durer, la crédibilité de celles-ci ne peut tenir.
Il est plus que grand temps de prendre cette affaire à bras le corps pour le bien de la ville et de ses habitants.
Il est vraiment nécessaire d’aborder cette transformation avec responsabilité.
Un projet très ambitieux y est, sans aucun doute possible.
Des anticipations sont vivement souhaitables, des étapes sont envisageables pour un échelonnement du projet.
Nous sommes prêts à renouveler la présentation de notre vision pour favoriser une réussite de cette opération au meilleur niveau.
De grâce, permettons-nous de rêver éveillés quand cela est possible.
Alors réveillons-nous !
Mais surtout ne gâchons pas cette chance fantastique pour la Ville de Lyon.
Jacques BONNARD
Rappel de quelques unes de nos propositions quant aux relations entre le parc et son environnement (1).
- Faire de ce site, un espace calme.
Pour ceci, il importe de faire disparaître l’axe routier traversant (passage souterrain)
Il est également souhaitable de relier plus directement cet axe au carrefour Garibaldi-M-Bloch en le détournant et en le raccordant au bas de la route de Vienne.
- Créer et aménager des «ponts» entre cet espace et les quartiers environnants en exploitant plus particulièrement
les axes de :
• la rue du Repos ( en direction de Jean Macé et de la Guillotière)
• la rue V. Sardou (en direction de la Part-Dieu)
• la rue Saint-Nestor (vers le quartier du même nom).
(1) Voir Bulletin SEL N° 51 de Mai 1997