Le regard distrait que portent les Lyonnais sur leur patrimoine gallo-romain, soulignerait-il qu'ils auraient oublié qu'ils sont les descendants des bâtisseurs romains qui, associés aux Gaulois, ont fait de leur cité la capitale bis de Rome ?
Notre ami Jean PUYGRANIER nous ouvre les yeux...
Tout a commencé par une banale conversation. Pourquoi les touristes affluaient-ils toujours sur les mêmes lieux alors qu'ils en désertaient d'autres pourtant, dignes d'intérêt ? Et comme nous évoquions les vestiges gallo- romains de l'ancienne Lugdunum: "...et comment pourrait-il en être autrement quand la signalétique a presque, disparu", ajouta quelqu'un, "...ou quand l'entretien n'est pas toujours constamment assuré" précisa un autre.
Vrai ou faux, il nous sembla utile d'aller constater de visu, avec des yeux naïfs, au sens latin du terme.
La période gallo-romaine, étendue jusqu'au triomphe du christianisme, est assez bien représentée dans notre ville (plus que) bi-millénaire. Sans être aussi nombreux qu'à Vienne, la cité mère voisine, les vestiges visiblement libres sur la voie publique sont en nombre suffisant pour que le Syndicat d'Initiatives puissent organiser des visites conduites par des guides-conférenciers.
- Ont-elles connu l'affluence ?
- Sont-elles à l'origine de retours individuels ?
- Sinon, pourquoi ?
Pourtant, tel Anatole France, alias le petit Pierre Nozières du "Livre de mon ami", ne pourrions nous pas, en fermant les yeux et à la seule pensée de la présence de lointains aïeux voir "...passer en silence, à la clarté de la lune...sur une voie bordée de tombeaux, des visages livides souillés de sang et de poussière, des casques bossués, des cuirasses terreuses faussées, des glaives rompus...".
La mise en valeur du patrimoine antique ( lyonnais, bien qu'il fut connu de longue date est relativement récente. D'un mot, rappelons Pierre Sala et ses "antiquailles". Mais la phase active et scientifique de la restauration a été déclenchée le 25 avril 1933 par l'ouverture du chantier de Fourvière financé par moitié par la Ville de Lyon et l'État. Beaucoup de bonnes volontés à l'origine mais surtout la passion humaniste d'Amable Audin, Lyonnais de vieille souche.

Bien sûr, un parcours doit débuter par l'admirable ensemble du Parc archéologique de Fourvière et de son site des théâtres (Grand Théâtre du 1 er siècle de notre ère avec agrandissement au 2eme siècle ; Odéon du 2eme siècle).
Nous n'en dirons rien: il est connu et sa conservation parfaite. Soulignons toute fois la nécessité préalable d'une visite du musée de la civilisation gallo-romaine. Esthétiquement parlant, l'insertion de l'architecture dans le cadre naturel est une réussite de discrétion.
Notons aussi, parce que peu connue, au centre de la terrasse occupée par les ruines du temple de Cybèle, la citerne à deux nefs du réservoir terminal de l'aqueduc du Gier, sur lequel nous reviendrons.
Le regretté René Dejean signalait dans sa dernière plaquette, le point focal" de Lugdunum, à l'angle de la rue Cléberg (Decumanus) et de la rue du cardinal Decourtray, " qu'une stèle d'une modestie (pour ne pas dire économie) toute lyonnaise, rappelle le lieu de la fondation
de la colonie Copia Félix Munatia Lugdunum (colonie prospère heureuse fondée par Munatius) le 10 octobre en 43 avant J-C. par Munatius Plancus, compagnon de Jules César, assassiné l'année précédente.
Plancus avait été chargé d'installer des vétérans césariens sur le site par un décret du Sénat peu soucieux de voir le gouverneur de la Gaule mêler ses légions à celles d'Antoine et de Lépide qui fraternisaient en Narbonnaise. Le lieutenant de César, par ailleurs correspondant de Cicéron et ami d'Horace, eut longtemps une attitude douteuse durant la seconde guerre civile (Velleius le traite de maniaque de la trahison). Sur place, on imagine l'officiant fixant les directions du décumanus et de cardo à l'aide de la groma...
L'épitaphe du tombeau de Gaete (Latium du sud) mentionne la fondation des colonies de "Lugudunum" (orthographe maintenue dans la plus part des inscriptions) et de Raurica (Augst, en Suisse, près de Bâle).
En passant devant le Lycée Saint-Just, on déplorera une nouvelle fois la fermeture de la "grotte Bérelle" (pour combien de temps encore ? ) une des plus belle citerne gallo-romaine connues, dans un état de conservation exceptionnelle.
De même pour mémoire, rappelons dans l'enceinte de l'Hôpital de l'Antiquaille récemment désaffecté, une crypte aménagée en chapelle que les Visitandines considérèrent longtemps, mais manifestement à tord, comme la "geôle des martyr de 177". Nous sommes là sur un réseau souterrain desservant les locaux de l'administration impériale, toute proche de la vieille ville dans le quartier déprimé des Minimes, pour autant que nous le sachions. Que va-il advenir de l'ancien hôpital qui recouvre manifestement des vestiges importants ?
Notre bulletin (Bulletin SEL no74 de février et mai 2003) y faisait déjà allusion.
Les fouilles de la rue des Farges se situent derrière les arcades de la résidence sise au 6 de la rue.
Elles sont consécutives à des travaux de voirie.
Elles n'ont pas été poursuivies à leur terme -du moins à notre connaissance- et une partie à été comblée pour des raisons de légitime protection. Elles ont mis à jour un ensemble urbain utilisé à la fin du 1 er siècle avant notre ère, jusqu'au début du 3eme siècle.
On a dégagé trois terrasses, étagées d'ouest en est. Une rue sépare les deux terrasses supérieures, jadis occupées par des maisons d'habitation et des locaux commerciaux.
Plus bas, une place sur laquelle s'ouvraient des thermes publics (milieu ou 1 er siècle ap. J.C.). L'hypocauste est visible. Les lieux avaient fait l'objet d'une présentation claire avec schémas. Hélas! le vandalisme imbécile a détruit, brûlé les tables explicatives. Ne subsistent que les bornes d'éclairage. Il a fallu enlever les débris calcinés et mutilés. Certes l'endroit est maintenant nettoyé mais il est désormais impossible à un visiteur non averti de découvrir, de discerner, et de comprendre. Comment mémoriser la grande maison à péristyle, les entrepôts, les boutiques ?
L'intention des responsables gestionnaires était bien de remettre en état, mais l'absence de fonds indispensables, obligent au report. Peut-être une participation manuelle de la jeunesse et de volontaires, entre autre des quartiers les plus proches, techniquement et, scientifiquement dirigés, ouvrirait-elle une perspective. L'entreprise a déjà porté ses fruits dans d'autres secteurs lyonnais, par exemple lors de la réhabilitation de la cité Tony Garnier aux États-Unis, de la protection des jardins et des fresques murales du Musée urbain.
Nous croiserons, face au n° 8 de la rue du Trion, une fontaine pittoresque que beaucoup de Lyonnais croient gallo-romaine. Elle ne remonte en fait qu'au 18eme siècle, ce qui n'enlève rien à son charme.. Déplorons cependant que les nombreuses voitures garées tout autour en altère et la vue... et la poésie.
À proximité des fouilles du site archéologique médiéval de Saint-Just et des Macchabées, est replacé, dans un agencement arboré pittoresque, l'ancien puits du chapitre désigné sous le nom de : "Fontaine du Taureaubole" (18eme siècle). Un autel taurobolique romain en marbre est enchâssé dans le monument.
La figure du taureau a inspiré le sculpteur du linteau de la maison voisine à l'enseigne du "boeuf couronné".
La plaque explicative existe mais est un peu éloignée. La peinture murale donne un aperçu du complexe religieux au moyen âge.
Les vestiges les plus impressionnants, hormis ceux des aqueducs, demeurent cependant les tombeaux romains de la place Wernert, ex-place de Choulans depuis juillet 1916. Eugène Wernert (1880 -mort aux Eparges en juillet 1915), était un jeune professeur du "lycée de Lyon", agrégé d'Histoire à 25 ans. On ne pouvait pas mieux honorer sa mémoire qu'en lui confiant la garde post-mortem des trois rescapés des dix mausolées, exhumés près de la place de Trion, lors des travaux de terrassement préparatoires à l'établissement de la voie ferrée de Lyon-St-Just à Vaugneray, et transférés à l'emplacement actuel. Ils étaient hors de la ville, au-delà de la porte qui ouvrait sur les voies d'Aquitaine et de l'Océan, sans doute bordées à cet endroit d'une quinzaine de tombeaux, enfouis lors de grands travaux de remblaient, sous Néron. Le plus imposant appartient au riche sévir (prêtre) Ouintus Caluius Turpio. Il était riche... mais laid (turpio du latin turpis). Ce tombeau est-il le plus vieux monument de la cité ?
Il est estimé du temps de l'empereur Auguste.
L'entretien de l'abord des vieilles pierres s'est amélioré bien que quelques branchages rebelles subsistent encore. Les plaques explicatives existent mais il faut un peu les chercher. Notons en passant que les "clés de voûtes", en bref et bilingues, de la "Mémoire de Lyon", installées à l'occasion du G7, en 1996, représentent toujours, une initiative intéressante. Déplorons encore une fois, que le vandalisme triomphe trop souvent de la robustesse et de l'éclat de l'alliage employé.
On passe, en suivant la rue des Macchabées, devant l'église de Saint- Irénée (l'érection de la première basilique est postérieure à la période qui nous concerne, au milieu du 5eme siècle). Par contre, l'édifice est bâti sur l'emplacement d'une ancienne nécropole. Des sarcophages intéressants bordent la terrasse.
L'évolution de la cité gallo-romaine est une histoire d'eau !
Les Gallo-romains en étaient de grands consommateurs et il fallut bien aller chercher de plus en plus loin les 45 000 m3 (?) par jour indispensables.
Les recherches méthodiques et récentes de Jean Burdy (évoqués par ailleurs dans ce bulletin) ont parfait l'étude des vestiges, reconstitué les parcours, caractérisé les quatre aqueducs qui ont alimenté, ne l'oublions pas, une ville haute.
La phase finale lyonnaise de l'aqueduc du Gier, à l'issue d'un périple de 75 km, par le franchissement en siphon du vallon de Trion, est un modèle qui mériterait d'être encore mieux porté à l'admiration du visiteur.
Les lieux s'y prêtent...
Nous pénétrons d'abord dans la cour de la Résidence Universitaire André Alix, ancien Fort Saint-Irénée, (entrée rue Soeur Bouvier) pour découvrir les piles d'un réservoir de chasse. On suivra le chemin montant pour découvrir une vue d'ensemble des vestiges et voir de près le parement en appareil réticulé formé de ( losanges de calcaire associés à des arases de briques. Les emplacements des tuyaux de plomb et le rampant sont bien visibles.
On regagne ensuite l'autre versant du vallon par la rue des Fosses de Trion. Le parcours permet de saisir la performance des ingénieurs qui ont édifié le siphon et, en outre, de découvrir la pittoresque fontaine du Verbe incarné, réinstallée sur la place de Trion. L'une des pierre porte la mention de Claude.
Les piles du réservoir de fuite se trouvent rue Roger Radisson, à l'angle de la montée du Télégraphe, de part et d'autre de la rue mais dans les propriétés mitoyennes. Elles sont néanmoins bien mises en valeur. L'implantation de la table d'orientation explicative serait-elle possible en bordure de la montée du Télégraphe, face au vallon ?
Le réservoir terminal, d'une contenance (de 2 000 M3, mentionné précédemment) est tout proche.
On sait que la cité gallo-romaine va décliner avec la défaite du légat de Bretagne. Claudius Albinus, dans sa lutte pour le titre d'empereur contre Septime Sévère, près de Lugdunum : bataille et sac de la ville en 197. Le mauvais choix !
Progressivement, les troubles, le vol des tuyaux de plomb, interrompent l'alimentation, en eau et provoquent l'abandon de la colline pour les bords de l'Arar (la Saône).
Les monuments deviennent des carrières pour la construction de la ville basse.
Ce ne sont donc pas des vestiges gallo-romains que l'on va retrouver dans le jardin archéologique de la rue Mandelot, aménagé suite aux fouilles de 1972 à 1980, mais de nombreux blocs, souvent gravés d'inscriptions latines, réutilisés près de la cuve du baptistère par immersion et peut-être en usage dès la fin du 4eme siècle ou dans un mur (une première enceinte ou un quai ?).
Là encore, on ressent le manque actuel de moyens pour un bon entretien.
On sait, notamment par les fouilles entreprises lors de la réalisation du Périphérique nord, que l'occupation du site de Lyon est antérieure de plusieurs siècles avant la conquête romaine. On a découvert, par exemple, la présence d'une véritable industrie potière avec des fours. La "fondation" de l'an 43 n'avait donc bien qu'une valeur symbolique... et politique.
Reste que le lieu de Condate, à l'époque de Lugdunum, est un lieu d'occupation gauloise, en partie sur un territoire ségusiave, (bien que l'on n'ait pas trouvé, à ce jour, de vestiges "gaulois" anciens, hormis un autel dédié par le magistrat du pagus) face à la ville romaine administrative.
Le confluent n'est pas "un" mais plutôt un entrelacs de bras limitant ce qu'on appellerait aujourd'hui, et à Lyon, des lônes, qui débutent au nord, à la hauteur du quartier des Terreaux actuels. Les Canabae, lieux commerciaux les occuperont.
À l'origine, on franchit la Saône à gué, à la hauteur de "l'Homme de la Roche" actuel, mais grâce, surtout, au passeurs.
Au milieu du 2ème siècle, les voies d'Aquitaine et Narbonnaise communiqueront avec la voie du Rhin par un pont, près du port des Nautes de la Saône. Sur les pentes du plateau, surgissent les sources indispensables.
Sous Auguste, Condate devient la propriété collective des soixante tribus gauloises.
Drusus, légat de l'empereur en Gaule, prépare les fêtes impériales, convoque les représentants des soixante nations celtes et fait consacrer, le 1 er août de l'an 12 avant J.C, le sanctuaire fédéral. L'autel dédié à Rome et à Auguste est encadré par deux hautes colonnes monolithe surmontées des statues des victoires ailées. L'aspect du lieu est bien connu grâce à l'avers des monnaies frappées à l'effigie du sanctuaire et, surtout, à la maquette trouvée il y a un peu plus d'un siècle...dans la Saône. Les deux colonnes de granit (exactement de syénite extraite des carrières de Mons Claudianus, en Egypte, d'après une expertise de M. Ward-Perkins. Elles furent apportées à Condate, plus tard, sous le règne d'Hadrien). Sciées en leur milieu, elles supportent actuellement la majestueuse coupole du choeur de laflanc de la colline Saint Sébastien, appartenait aux moines d'Ainay quand ils commencèrent à bâtir leur église. Mais imaginons les deux monolithes de 10,50 m de haut, surmontées de statues de 3,50 m donc 14
mètres. (L'une des victoires ailées est visible au Musée gallo-romain). L'ensemble devait être grandiose. Amable Audin avait raison de parler du miroir de Rome dans les Gaules.

En 19 de notre ère, le grand prêtre du culte impérial, le santon C. Julius Rufus, décide d'adjoindre un amphithéâtre au lieu de culte pour la distraction des délégués.
On connait exactement l'inscription de la dédicace découverte en 1958 au fond d'un puits. De dimensions modestes à l'origine, le premier édifice est agrandi sous Hadrien, entre les années 130 et 136. Axée du nord-ouest au sud-est, son ellipse mesurait 132 sur 115 mètres. Il est connu sous le nom d'amphithéâtre des Trois Gaules. (En réalité quatre, comme les trois mousquetaires: la Lyonnaise, la Belgique, l'Aquitaine et la Narbonnaise).
Curieusement, il semble que les Lyonnais connaissent mal ce haut-lieu de notre histoire. Un riche propriétaire, Robert Gribaud, avait pourtant découvert tout près de là, en 1528, en voulant construire sa maison des champs, deux grandes plaques de bronze gravées, connues depuis sous le nom de tables ClaudienneS. L.amphithéatre figure sur les cartes du XVIII ème siècle. Il sert évidemment de carrière de pierres. Puis il est oublié malgré des sondages au XIX ème. Une citerne d'eau sous le Second Empire, puis le percement du tunnel du funiculaire de la rue Terme le mutilent.
Il faudra attendre la campagne des fouilles des années 60 pour mettre à jour le tiers environ de l'édifice et sauver ce qui pourra l'être.
Il semble établi de manière certaine que les martyrs de 177 sont morts sur les lieux et non sur la colline de Fourvière comme on l'a longtemps supposé, de même que la transcription par Eusèbe de Césarée de la célèbre lettre des Chrétiens à leurs frères d'Asie provient bien du Lugdunum lyonnais.
Le pilori fiché en terre dans la partie restante de l'arène a une valeur symbolique.
On pourrait penser que l'endroit, lourd de, mémoire à plusieurs titres, attire visiteurs et pèlerins. Pourtant, aujourd'hui, le spectacle des fouilles, vues derrière un grillage, est, il faut l'avouer, plutôt ! désolant. Malgré le grand panneau placé près de l'entrée cadenassée, nombre de passants se demandent de quoi il s'agit. L'environnement de murs tagués, les herbes folles, les détritus de toutes natures, prêtent à méditation sur le destin des empires...
Notre propos était de recenser et d'amorcer un état des lieux. Notre observation est sans doute par trop pointilliste, partiale. Elle n'est pas exhaustive. Aussi le rédacteur accepte-t-il par avance les rectifications et critiques que susciteront et les imprécisions, les approximations, les omissions, voire les erreurs.
Nous regretterons avant tout que la sauvegarde du patrimoine ne puisse être suffisamment assurée faute de crédits. Ce qui est perdu aujourd'hui l'est à jamais. Les affaires culturelles, la recherche, l'éducation sont les sacrifiés des plans budgétaires.
Nous accuserons t-on de faire une critique politique ?
Si on parle de remarques partisanes, non, nous nous en défendons, mais il s'agit de politique au sens étymologique du terme - c'est dire qu'il vient de la cité - alors, oui et nous ajouterons qu'il en va de notre conscience et de notre raison sociale.
Jean PUYGRANIER
Bibliographie :
Le rédacteur avoue avoir emprunté copieusement pour la bonne cause. Les livres, plaquettes, monographies et articles sont nombreux et nous ne pouvons citer tous les ouvrages consultés.
-Bien qu'anciens, les écrits d'Amable Audin continuent de passionner et, au premier ranq : "Lyon, mirroir des Gaules",tout comme les nombreuses publications d'André Pelletier.
-Les études de Jean Burdy sur les Aqueducs romains.
-Les documents de la revue Archéologia et les publications du CRDP de Lyon...